L’anti-héros de mon histoire

Rédigé par Guy dans Divers le 12 September, 2008

Anti-Héro

C’est fait, je n’ai plus d’emploi.

C’était dans l’air et c’était décidé. Je n’ai pas été mis à la porte. Mon entreprise ne voulait pas que je parte. Elle me proposait de rester. J’ai quand même vidé mon bureau. Un autre saut dans le vide? Encore un. Un deuxième dans une même année diront certain. Ce matin, je rédige un peu de paperasse pour le collègue qui prend ma tâche et après je tourne la page. Pour où et pour quoi? Je ne le sais pas encore, même si j’ai une idée assez confuse du pourquoi.

 

À Paris, ma coloc (un bijou de fille), me comparait au docteur House.

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Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est un médecin brillant, capable de résoudre tous les problèmes des gens qui le croisent, mais qui a un caractère si disjoncté qu’il annihile son génie.

 

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Dans mon boulot, comme consultant pour un organisme gouvernemental, un collègue me disait que mes techniques de travail étaient comme Jack Bauer de 24h. Je réussie généralement à rebondir de n’importe qu’elle problème (croyez-moi en informatique il y en a beaucoup) et j’ai une façon de me mettre dans les pattes de ma hiérarchie lorsque je sais que j’ai raison.

 

Pourtant, je sais que j’ai l’estime de mes collègues et de mes coéquipiers. Partout où j’ai passé, j’ai su me faire des amitiés solides et durables. Mes défauts sont taillés dans la pierre et mes qualités ont les traits du métal. Je soutiens mes collègues lorsqu’ils sont compétents, je fustige les ignares et je repousse de toutes mes forces ceux qui font dérailler le bon sens. Suis-je un utopiste ou plutôt un idéaliste? Ce que je sais c’est que je suis parfois cynique, mais que je n’abandonne jamais une espèce de quête que je me suis fixé. Une quête dont les balises sont la loyauté, l’engagement, le dépassement et dont mon seul repère est le gros bon sens. Les gens me disent parfois excessif. Ce sont sont généralement ceux avec qui je suis en “conflit”. “On ne peut pas atteindre la perfection” dit-on, effectivement lorsqu’on n’essaie pas, on ne risque pas de l’approcher. J’ai toujours été un peu comme ça. Ni à gauche, ni à droite, mais au centre. À la recherche de ceux qui veulent changer les choses pour le mieux et qui croit vraiment qu’un geste peut changer à la longue une situation. Suis-je le seul à avoir déjà pensé que mes taxes pouvaient être mieux utilisés dans un projet informatique au gouvernement? Non. Par contre, je suis le seul à l’avoir déjà dit à ses patrons sans regretter ses paroles. Je crois en l’imputabilité et à la responsabilité de chacun. Je pense que c’est la principale raison de mon caractère qui fait que je repousse profondément ou qu’on s’attache à moi. Je crois en ma responsabilité et je l’assume.

 

On peut tous changer les choses à notre façon. Pas le monde dans sa globalité, mais notre environnement immédiat.

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C’est probablement pour cela que mes héros personnels sont obscures et souvent inconnus: Patch Adam. Au hockey (mon sport favori), je préfère souvent au capitaine de mon équipe, le joueur qui se défonce malgré son moindre talent. D’ailleurs, dans les jeux vidéos ou les films je préfère souvent les ringards au grand cœur. Dans les romans, j’adore les romans noirs. Ce genre de type qui se lève chaque matin et mène son enquête même si sa vie est un fiasco.

 

Ou veux-je en venir avec ce texte introspectif? Je ne sais pas trop. Hier, l’équipe avec laquelle je travaille m’a organisé un 5 à 7 de départ. J’ai vu des gars qui n’était pas obligé de se déplacer. Des types compétents, mais plus que cela des types qui m’apprécient et que j’aime bien. On a discuté tour à tour et la bière à bien coulé. C’est ainsi que j’ai vu que je pouvais être apprécié et ça m’a fait du bien. Un autre collègue dans la journée m’a dit: “Tu sais, tu as défoncé des portes ici. Ça n’a pas tout changé, mais ça a amélioré des choses. Il est pas question que j’arrête.”. Ça aussi ça fait du bien.

 

Suis-je l’anti-héros de ma propre histoire? Parfois je me le demande.

 

 

J’ai eu une drôle de vie jusqu’à maintenant. J’ai vécu des choses bonnes (amour, voyages et amitiés) et mauvaises (crimes, accident et maladie) en grands nombres et je ne le regrette pas parce que justement je peux dire que j’ai vécu. Je me demande parfois, les soirs d’insomnie, si je suis capable d’avoir une vie normal ou si l’instabilité est un état duquel je ne peux plus vraiment sortir. Quoiqu’il en soit j’ai bien hâte de décider où mes nouvelles aventures vont m’emporter.

Dans un film que j’aime “Second Old Lion”, un des personnages principales explique à un gamin que pour devenir un homme l’important c’est de croire en ce qu’on veut, ce n’est pas parce que quelque chose est faux qu’on ne peut pas y croire. L’honneur, le courage et la vertu compte plus que tout.

  1. coco a dit,

    En tout cas, bravo pour cette décision courageuse. Je ne sais pas si je serais capable de quitter mon poste sans rien avoir après.
    Vas tu prendre une année sabatique pour te ressourcer et trouver un autre emploi ?
    Peut être qu’il te fallait ce changement pour pouvoir te retrouver et voir savoir ce que tu veux vraiment….
    J’espère que tu vas continuer le blogue pour nous informer de temps en temps de ta “situation” et pour pouvoir te soutenir quand tu as un petit coup de blues ou pour rire avec toi de tes anecdotes. :-)

  2. Guy a dit,

    Pour l’instant, j’ai envie de dorloter mes parents malades. L’avantage de travailler en informatique, c’est que le boulot ne manque pas.

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