Nov 27 2007

La flûte enchanté

Publié par Guy at 19:34 dans Escapades

J’aurai vraiment tout fait à Paris. Une amie m’a invité à aller voir un opéra ce soir.

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Je suis donc allé au Théâtre Tristan Bernard voir la flûte enchantée de Mozart.

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Un petit établissement datant du début du siècle qui avait une certaine classe.

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Pour l’opéra en tant que tel, disons que ça a été une expérience intéressante. Selon wikipedia, cette opéra est le plus fantasque et particulier qu’est écrit Mozart.

“Égaré en voyage dans un pays inconnu, Le prince Tamino est attaqué par un serpent. Alors qu’il s’évanouit sûr de mourir, il est sauvé par les trois dames d’honneur de la Reine de la Nuit. Pendant que le prince est encore évanoui, les trois dames chantent la beauté du jeune homme. Elles décident d’aller porter la nouvelle à leur reine, mais chacune d’elles veut rester près de Tamino proposant aux deux autres de porter le message. Après s’être disputées, elles disparaissent. Le prince se réveille et voit le corps inanimé du monstre. Se demandant s’il a rêvé ou si quelqu’un lui a sauvé la vie, il entend soudain un air de flûte de Pan. Il se cache et voit arriver Papageno l’oiseleur. Au cours de leur premier dialogue, Papageno se vante d’avoir tué le serpent. ”

C’est le premier acte et ça donne une idée.

J’ai donc assisté à une pièce à l’imaginitation assez poussé et remis au goût du jour. Bref, c’était spécial.

Sincèrement, ce n’était pas ce à quoi je m’attendais d’un opéra, mais il y avait des choses intéressantes. J’ajoute que lorsque tu sors d’un théâtre et que la personne qui t’accompagne refuse de dire son opinion avant d’avoir entendu la tienne…

Les musiciens au nombre de quatre étaient intégrés à l’histoire. J’ai trouvé cela bien. Seul des instruments à vent avaient été retenu avec en plus… une accordéoniste, ce qui est en soi assez spéciale. Mais avec la mise en scène moderne, c’était logique.

Extrait sonore en lien avec l’accordéoniste

Bref, une soirée pas ratée du tout, mais qui valait plus pour l’expérience d’un opéra a Paris que pour la prestation des comédiens.

2 Responses to “La flûte enchanté”

  1. accordeonon 07 Dec 2007 at 5:00

    Petite histoire en complement de Perusse, que j’adore, juste pour éclairer les non initiés, dans l’espoir que les français se cultivent en dehors de l’abrutissement des médias ;)

    Comme la majorité des instruments, l’accordéon est prodigue en ancêtres.
    Néanmoins, sa caractéristique majeure est de produire des harmonies, des accords etd’associer des anches libres actionnées par un soufflet. Il n’existe en tant que tel qu’àpartir du début du 19ème siècle.
    Le 6 mai 1829, l’Autrichien Cyril Demian dépose un brevet pour un instrument qu’ilbaptise accordion. Celui-ci se constitue d’une petite boîte renfermant des lamellesmétalliques mises en vibration par un soufflet. Des touches produisent des accordsdifférents selon que l’on ouvre ou que l’on ferme le soufflet.
    Quant au répertoire, l’inventeur souligne qu’il permet d’interpréter!: «!des marches, deschansons, des mélodies harmonisées à 3,4 ou 5 voix!».
    Quelques semaines plus tard, à Londres, un certain Charles Weatstone, célèbre physicien, dépose à son tour une demande de brevet pour un symphonion à soufflet. Cet instrument résulte de l’association d’un harmonica à touches avec un soufflet à main. En1833, Charles Weatstone le transforme et donne naissance au concertina: petitaccordéon de forme hexagonale à deux claviers mélodiques.
    L’Anglais fut le créateur de la lignée généralement considérée comme «noble»,
    celle de l’accordéon de concert, alors que l’Autrichien donnait naissance à l’accordéon
    «populaire». Les accordéons sortis d’Autriche tombent, à Paris, entre les mains d’amateurs passionnés par ce nouveau système sonore. Ceux-ci se trouvent alors confrontés à la particularité de l’instrument: celle de produire uniquement des accords. Conseillés par ces musiciens, les fabricants le modifient pour lui permettre d’émettre un son en tirant le soufflet, un autre en le poussant et du coup, suppriment les accords. Ce sera l’accordéon français.
    Par cette transformation, l’accordéon devient mélodique, mais en même temps, cette conception le détourne forcément de sa vocation première. On contourne cette anomalie en ajoutant une autre touche appelée «bascule d’harmonie» qui, actionnée par un petit levier, donne un accord de tonique ou un accord de dominante suivant le mouvement du soufflet. L’accordéon «bi-sonore» permet désormais de jouer une mélodie, celle-ci pouvant être accompagnée par la «bascule d’harmonie». Ce nouveau modèle rencontrera l’approbation des usagers. Mais l’obligation de tenir compte du geste du soufflet restreint le choix et la composition de morceaux.
    Parmi les quelques 30 brevets de l’époque relatifs à l’accordéon, celui de L.Douce,
    datant de 1840, décrit un système «uni-sonore» qui, malgré tous ses avantages, n’est pas adopté. L’accordéon romantique reste ce qu’il est. «…il flatte les mélomanes en possession d’une belle voix, par son aisance à les soutenir au cours de l’exécution de l’air d’opéra qu’ils on en mémoire et leur plaisir augmente s’ils peuvent réaliser quelques harmonies en contre- chants [….]. Pour les plus cultivés, ceux capables de lire la musique, de nombreux recueils regroupent les mélodies et les danses des ouvrages lyriques les plus réputés!
    L’accordéon diatonique : Poursuivant ses travaux à partir du modèle français, C. Demian oriente à son tour les recherches vers un modèle à clavier «mélodique» pouvant être accompagné par des accords indépendants. C’est ainsi que naîtra l’accordéon viennois offrant la possibilité deplacer une «basse» ou un «accord» sur chaque temps de la mesure. Si le tout premier instrument était apprécié pour son pouvoir expressif, celui-ci réunit désormais à lui seul la mélodie, l’harmonie et le rythme et devient l’instrument polyphonique de la musique populaire, idéal pour les danses folkloriques. «La musique populaire, dont la carrure est régulière et les modulations assez proches des tons voisins pouvaient, à la rigueur, se contenter d’un modèle de quelques «clapets» ou «clés» pour varier la tonalité».
    Aujourd’hui, l’accordéon diatonique a toujours sa place dans les musiques folkloriques.
    L’accordéon chromatique : Poussés par une incessante demande, les fabricants poursuivent leurs recherches avec pour objectif d’associer le clavier «accompagnement» au clavier «mélodique», de supprimer les contraintes du «tirez-poussez» et de permettre de jouer dans toutes les tonalités. La synthèse de toutes ces recherches sera l’accordéon chromatique avec:
    Le système «uni-sonore» par le principe de l’anche double qui permet de jouer toutes les notes, que ce soit en tirant ou en poussant le soufflet.
    Le clavier main droite où se répartissent les 12 sons chromatiques sur 3rangées.
    Le clavier main gauche qui, à partir des 12 sons chromatiques, donne les basses et les accords parfaits majeurs, parfaits mineurs et septièmes de dominante.
    Toutes ces améliorations apportent d’autres possibilités de jeu dans le répertoire de la musique populaire et offrent aussi l’accès à une nouvelle littérature dans le domaine dela «grande musique»:
    Dès lors, deux tendances musicales commencent à se dégager et à s’affirmer. L’une veut maintenir l’accordéon dans le domaine de la danse et du chant; c’est pour elle l’instrument idéal de musiques folkloriques. L’autre, considérant les possibilités offertes par les derniers modèles apparus à la fin du 19ème siècle, cherche à faire de l’accordéon un instrument de musique capable d’aborder le répertoire de café concert et l’on commence à jouer les transcriptions de pièces célèbres».
    L’accordéon chromatique poursuit son essor au tournant du 20ème siècle. En1905, alors qu’il n’existe, en France, qu’une dizaine de ces instruments, certains précurseurs ont déjà l’idée de modifier le nouveau système pour développer d’autres possibilités instrumentales. Les prototypes sont alors surchargés de «bassettes», «petits boutons», «rangées mélodiques», rangs de «commodité».
    Parmi les musiciens de l’époque, on peut citer Giovanni Gagliardi qui interprète des chefs-d’oeuvre de la musique italienne, des ouvertures, des valses célèbres, des airs d’opéra. L’accordéon s’introduit alors dans les bals des «gens de maison», dans les spectacles, se fait entendre en soliste dans la rue et dans les petits orchestres. Les accordéonistes apprennent à lire la musique, parlent de tonalités, de virtuosité, de musique classique.
    La facture instrumentale continue son évolution vers un compromis entre les besoins dela musique «savante» et ceux de la musique «populaire». Après la première guerre mondiale, les loisirs retrouvés, l’accordéon, oubliant pour un temps ses prétentions «classiques», devient le roi des bals. Avec les années, on l’améliore encore et on parvient à le normaliser avec le modèle «basses-standard».
    L’accordéon de concert.
    Toutes les générations d’instrumentistes célèbres ont oeuvré pour l’accordéon.
    Certains ont voulu préserver sa tendance populaire, d’autres se sont efforcés de l’engager dans la voie «savante». De là, les fabricants ont trouvé l’instrument médiateur répondant aux exigences de ces musiques: l’accordéon à «basseschromatiques»
    La plupart des modèles actuels possèdent un «déclencheur», permettant detransformer le clavier main gauche «basses standard» en clavier «mélodique». Cet instrument permet d’aborder à lui seul tous les genres de musique. Il n’est plus enfermé dans le système tonal et ouvre l’accès à tous les langages musicaux.
    Aujourd’hui, si tous les genres de musique auxquels l’accordéon peut prétendre sont étroitement liés à l’amélioration de la facture instrumentale, ce sont bien les instrumentistes qui, avec leurs goûts, leur façon de concevoir la musique en sont les inspirateurs.
    ENSEIGNEMENT : Né au coeur de l’Europe, l’accordéon «populaire» s’est répandu très rapidement entraînant avec lui la faveur du répertoire traditionnel qu’une multitude de musiciens passionnés ont pratiqué en autodidacte et se sont transmis par l’oralité ou au moyen deméthodes.
    La première, signée Pichenot, date de 1831. Au début du 20ème siècle, on en dénombre 45 «avec ou sans notes de musique». Ces méthodes s’adressaient à des musiciens lecteurs ou alors aux non-lecteurs par le système des tablatures. Parmi les ouvrages de référence, on cite souvent celui de M.Ferrero qui contient outre les exercices techniques «des morceaux destinés à la danse qui avaient un indéniable caractère pédagogique».
    Un grand nombre de musiciens a contribué à conserver et à faire évoluer les répertoires issus de la culture populaire et en particulier le style musette qui domine aujourd’hui dans les représentations de l’accordéon et qui est principalement enseigné dans les cours et les écoles privées.
    L’accordéon accède aujourd’hui au domaine des musiques dites savantes. Il doit cette avancée aux nombreuses et incessantes initiatives d’accordéonistes qui ont largement participé à faire évoluer la facture instrumentale et se sont investis dans desdémarches visant à acquérir une réelle culture musicale classique.
    Ces musiciens ont parfois été soutenus dans le monde des arts par certaines célébrités qui ont défendu la cause de l’accordéon «noble». Ce fut le cas, par exemple de Vincent Scotto qui déclara, d’après Louis Péguri: «L’accordéon doit-il rentrer au conservatoire!? Je vous réponds oui, cent fois oui. Pourquoi!? Parce que l’accordéon sort du peuple! Vox populi, vox dei, et tôt ou tard, il doit s’imposer».
    Dès le début du 20ème siècle, certains accordéonistes ont cherché à se démarquer des musiques traditionnelles. A ce moment là, la littérature accordéonistique était quasiment inexistante. Le premier répertoire classique s’est donc construit à partir d’adaptations d’ouvertures d’opéra et de pièces conçues à l’origine pour le piano. Par ailleurs, une littérature spécifique s‘est constituée et s’est progressivement étoffée par l’activité des compositeurs.
    Depuis les années 50, la stabilité de la facture instrumentale a sans doute permis à l’accordéon de s’intégrer dans les conservatoires en France. Parallèlement, de nombreux accordéonistes sont allés étudier à l’étranger, notamment dans les écoles supérieures de l’Europe de l’Est où l’accordéon occupe la même place que les autres instruments. A leur retour, ils ont contribué au développement du répertoire classique et à sa légitimité dans les institutions d’enseignement spécialisé. La littérature enseignée aujourd’hui est constituée de musiques «savantes», qu’elles soient classiques, modernes ou contemporaines.

    Merci et Bravo à ceux qui ont lu jusqu’au bout, amicalement,
    Accordeon

  2. Guyon 07 Dec 2007 at 7:47

    Euh, c’est le commentaire le plus digne d’un wiki que j’ai jamais reçu . hihi
    J’espère que la recherche n’a pas été trop longue ;-)

    Ou que je n’ai pas offensé un lobby pro-accordéon dans l’oeuvre de Mozart.

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