Sep 28 2007

Le film du “vieux con” et de la vilaine lesbienne

Publié par Guy at 13:05 dans Actualité

Hier soir, je suis allé voir le film “L’âge des ténèbres” de Denis Arcand. La première médiatique était cette semaine. Moi, j’y suis allé avec des amis Français qui ont tous déjà vécu au Québec. Nous avons terminé la soirée au restaurant.

L’âge des ténêbres

Je crois qu’au Québec le film ne sortira pas avant le 25 novembre. Alors, en primeur vous saurez tout.

Avant de lire la suite visionner un extrait.

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La critique française, s’est déchainée ici. Elle a fessé bas. Attaques vulgaires, insultes (d’où la référence au “Vieux cons”) et rien de constructif. Est-ce que c’est mérité? Peut-être un peu, pourtant allez le voir.

Arcand, ici, est une pointure. Si la critique a aimé ces deux films précédents, celui-ci est détesté solide. Ils l’avaient monté sur un pied d’estale et ils viennent de le descendre assez brutalement. Ça place doit être entre les 2. ;-)

Personnellement, j’ai toujours trouvé que les deux films qui ont fait la célébrité de Arcand (le Déclin et les invasions) étaient des filmes stériles, sans véritables propos, un aveu de désillusion de la part d’un baby-boomer. Le premier se donnait une apparence et des prétentions intellectuels en se cachant derrière des discussions sans but sur le sexe et l’autre profitait de la nostalgie ambiante pour ramener des personnages dans un contexte “touchant” sur des considérations concernant uniquement des boomers. Je n’ai jamais compris le culte né chez les français pour ces films.

Pour ce qui est de l’Âge des ténèbres , c’est le premier film de Arcand qui me touche.

En fait, les jeux de caméra ne sont pas très bon et brisent souvent le rythme du film. Côté forme donc, ça ne casse pas trois pattes. Par contre, côté propos il y a enfin du contenu, d’excellente idées et des trouvailles pas piqué des vers. L’histoire est intéressante. Elle est absurde par contre. C’est l’histoire d’un type insignifiant, qui mène une vie insignifiante, se bat avec des problèmes insignifiants et le pire dont les fantasmes sont très clichés. Un anti-héros confronté à ce qu’il y a de plus absurde dans notre mode de vie et notre système. Ce contraste est intéressant! Un type qui rêve d’avoir une vie superficielle pour se sortir de sa médiocrité, sans réaliser que si ses fantasmes se réalisaient sa vie serait encore plus vide. Brève une quête de sens pour une vie terriblement en manque de sens. Dit comme ça c’est déprimant, mais pourtant l’idée est brillante de subtilité.

Macha Grenon

Le film utilise l’absurdité avec des personnages caricaturés au maximum (comme la vilaine lesbienne) ou celui de Macha Grenon.

C’est probablement cela le problème de la critique française. L’absurdité québécoise ne passe pas. Les personnages sont trop caricaturés pour ici. En plus ils sont très mal interprêtés (notamment par Caroline Néron). Pour les Québécois habitués au genre (avec la petite vie, Catherine, 450, etc.), il y a un deuxième niveau apparent. Pour la critique français le mur culturel est trop haut.

Par exemple, nos banlieues avec leurs maisons gigantesques, pour eux ce sont des “manoirs” de riches. Ils ne réalisent pas que ce sont simplement des bungalow de Brossard… Le style de Arcand ne “cadre” pas avec la comédie.

Marc Labrecque

Pourtant, malgré tous les défaults, j’ai aimé ce film. Ce n’est pas un grand film, mais c’est un très bon film.

Son histoire est bonne et ses propos me touche. Bravo à Marc Labrèche, il vole l’écran. Il m’a surpris, je ne croyais pas qu’il relèverait le défi avec autant de talent. En fait, tous les autres comédiens ne sont pas très bon (Véronique Cloutier, Pierre Curzi, etc). Tout le film, repose sur le jeu de Marc Labrèche et wow il livre la marchandise. Sans sa performance, j’aurai probablement quitté la salle. A part lui, qui est fantastique, ce sont les figurants qui sont les meilleurs et les plus crédibles.

J’ajoute que j’ai trouvé drôle d’être à Paris et reconnaître les lieux de tournage. Je suis sûr que la maison de Labrèche dans le film est dans le quartier de ma belle-soeur (Nada) à Brossard et que d’autre scène ont été tourné à Charlevoix. Pour moi qui marche dans les rues de Paris comme dans un décor de film, c’est drôle.

Bref, aller le voir n’hésitez pas à sa sortie. Vous serez peut-être dessus, mais peut-être que vous aimerez. Comme moi. En fait, c’est le seul Arcand que j’ai aimé.

One Response to “Le film du “vieux con” et de la vilaine lesbienne”

  1. Eric Bouchardon 16 Feb 2008 at 22:02

    Je crois que c’est le meilleur commentaire que j’aie pu lire sur ce film, je vous rejoins entièrement dans votre analyse, et je suis surtout content de recevoir votre explication sur les raisons pour lesquelles la critique française l’a démoli (ce qui me laissait devant un abyîme de perplexité).

    J’ajouterais peut-être à votre lecture que c’est un des très rares films d’«anticipation» au Québec (entre autres dans sa projection bureaucratique et sociale), et que finalement on a si peu besoin d’appuyer sur la réalité pour faire de l’anticipation…

    Et en passant l’affiche française du film passe tellement à côté de l’esprit du film, l’esthétique est totalement inappropriée, c’est affreux… Ça n’a certainement pas dû aider à faire passer ce «second degré»…

    Eric Bouchard

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