Feb 19 2008
Basile
Après les petites salles atypiques, les troupes amateurs et les café-théâtre, ce soir je suis passé avec étonnement au stade supérieur sur la route de mon marathon de théâtre. Sur un coup de tête ma coloc a choisi d’aller voir “Basile” avec moi et sans le savoir nous allions voir une pièce dans un des théâtres très en vue de Paris: Le petit Gymnase de Paris. Une salle secondaire du théâtre du Gymnase.
Ce théâtre à toute une histoire. Construit en 1820 sur l’ancien site du cimetière de Notre-Dame de Bonnes Nouvelles, l’endroit a présenté en son temps les pièces d’Alexandre Dumas, Balzac, George Sand, etc. Rien que ça! Suis-je tomber sur une pièce de la même lignée?
La salle avait un cachet vraiment magnifique avec ses vieux murs de pierre en voûte sous laquelle on ne pouvait pénétré qu’après avoir arpenté un long couloir et descendu un vieille escalier puisque construit sous le théâtre principal.
Basile dans tout ça?
La pièce quant a elle? Tout simplement génial! Elle respectait la lignée des romans romantiques et épiques de facture classique, mais avec un format renouvelé et moderne. J’ai adoré! Sincèrement, j’aurais tellement aimé la filmer pour la diffuser sur le site dans son intégralité.
Le comédien principal: Damien Boisseau était tout simplement sublime. Un ton juste, un jeu inspiré et une interprétation… on y croyait! Bref, je suis sûr qu’on le verra au cinéma un jour. En fait, je viens d’apprendre qu’il est la doublure officielle de Matt Damon et d’Edward Norton. Pas étonnant que je l’ai aimé! La comédienne aussi ne donnait pas sa place. Tellement, que je n’ai pas remarqué que toute la pièce était en vers rimés (Façon Roméo et Juliette avec Dicaprio, mais en crédible). Sans Agathe, je ne l’aurais pas réalisé. Un exploit tout de même de faire passer de la poésie sur le ton d’une conversation. Mais je m’emballe, je vais reprendre du début.
Comme le roman “Les rois maudits” de Maurice Druon, elle mêle évènements historiques et personnages réels dans une intrigue fictive, mais plausible. Vous me direz: “C’est du déjà vu, sors de ta province!”, mais cette pièce mélange deux mondes complémentaires le cinéma et le théâtre. La mise en scène à ceci de très bien pensée qu’elle repose sur le jeu de 2 comédiens uniques appuyés par des passages filmés et projeté en toile de fond en qualité cinéma. Les époques, les lieux et les changements de registre dramatique sont amenés par les scènes cinématographique. Un effet spécial qui permet un mélange de moderne et de classique inusité et de bon ton. De cette façon, ce n’est plus seulement 2 acteurs seuls , mais 1 roi, 15 cavaliers et leurs chevaux, 30 figurants, etc. qui se retrouvent sur scène. C’est très immersif et ça rend les scènes avec les comédiens encore plus fortes et prenantes.
Entre chantage et empoisonnement, amour et ambition, prison et liberté, “Basile” relate le duel qui oppose, pendant six ans et sur trois époques, le dangereux Basile Fouquet, chef de la police de Mazarin, à son ennemie l’intrigante et vénale duchesse de Châtillon. Leur histoire a pour toile de fond l’ascension du Roi-Soleil et la disgrâce du Surintendant Fouquet, le frère aînée de Basile. Leur liaison fut l’un des grands scandales de leur époque. Leur destin les mènera au château de Vaux le Vicomte où, dans la nuit du 17 août 1661, Basile tentera une dernière fois de déjouer les pièges de sa passion et d’intervenir dans l’inéluctable chute de son frère.
Si vous êtes sur Paris et que pour vous Cyrano de Bergerac, les misérables et les Rois maudits ne sont pas des trucs ringards précipitez-vous! Ok, Basile n’égale pas ses chefs d’oeuvre pour ses textes, mais vous passerez un moment plus que bien qui vous fera oublier vos soucis.
Finalement, une pièce où les gens crient Bravo à la fin et génèrent 4 rappels des comédiens sur place mérite à être connu.



