Feb 20 2008
Fin du marathon de Théâtre
C’est ce soir que je terminais mon marathon de théâtre personnel. Pour ceux qui n’avait pas encore compris, c’est un concept simple: une pièce par soir jusqu’à épuisement de l’envie ou des amis pour me suivre.

Je n’ai pas épuisé l’envie, mais apparemment les amis, si… moi qui croyait les Parisiens amateurs de culture!
L’endroit où était présenté la pièce était près de l’Opéra Garnier, ça donne un idée du style de bâtiment. C’était donc plus imposant que les petits théâtres fréquentés en début de semaine. En fait, Inauguré en 1898 sous le nom de ’salle des Mathurins’, l’endroit a vu passer pas mal de grands noms du Théâtre et de la littérature. Notamment, Sacha Guitry y fait ses premiers pas en tant qu’auteur dramatique avec sa comédie Nono en décembre 1905.

C’était donc ma dernière pièce prévue à l’agenda et j’ai jeté mon dévolu sur: Réception au Théâtre des Mathurins. Une pièce reposant sur 2 comédiens: Claire Nebout et Jean-Claude Dreyfus.

En ce moment, la plupart des spectacles sont présentés avec seulement deux comédiens et pour une raison simple, il y a beaucoup trop de spectacles à Paris et pas assez de spectateurs. Il est difficile de faire ses frais pour payer la location de la salle, des projecteurs, la construction des décors, la publicité, etc. quand on est en concurrence permanente avec plus de 250 pièces par mois. La plupart des évènements sont présentés devant des parterres à moitié vide ou de toute petite salle. Les sites internet de vente de billet à rabais sont légions sur le net. Bref, la norme de 2 comédiens s’établit peu à peu. Toutes les spectacles que j’ai vu cette semaine, sauf un, ne faisaient pas exception à cette règle.
La pièce que j’ai vu était inspiré sympathique. Inspiré des polars noirs (romans policiers des années 1960), c’est l’histoire d’un réceptionniste dans la cinquantaine grisonnante, aigri, alcoolique, il râle sur tout le monde et surtout sur sa tisane… Un homme entre. Jeune, 30 ans, fin, la voix haut perchée. Etrange, un brin agressif. Le genre vendeur étinérant des années 1930. Du style à s’accrocher à vous tant qu’il n’a pas vendu sa camelote. Mais qui est-il ? Voilà que débarque en plein milieu de la nuit celle qu’il attend. Son amie. Une jeune femme en robe rouge sang. Plutôt vulgaire, aguicheuse, de celle qui chamboule l’esprit en un rien de temps. Etrange. Elle s’accroche elle aussi. Mais qui est-elle ? Que vient-elle chercher?
Est-ce que j’ai aimé? Je ne sais pas. Les décors étaient très bien inspirés et originaux. L’éclairage bien conçue. Quelque chose ne collait pas. J’ai adoré le Dreyfus, un comédien qui compte une trentaine de film à son actif depuis 1970, mais j’ai trouvé que sa partenaire de jeu ne lui arrivait pas à la cheville. Autant je croyais au personnage du réceptionniste, autant je doutais de l’autre… Comme la comédienne incarne une femme déguisée en homme, je ne sais pas si c’est un malaise volontaire qui était voulu dans la mise en scène. Bref, j’ai vu un excellent comédien joué un personnage ruiné, drôle et médiocre dans une histoire quelconque et vite devinée. Je crois que j’aurais adoré voir un monologue tellement sont personnage était bien joué. La comédienne n’était pas mauvaise, d’ailleurs les journaux de la capitale comme le Parisien l’ont bien aimé, mais la mise en scène et l’histoire ne l’aidait pas.

