Mar 15 2008
La rédac du mois: maman ne lit pas ce texte :-)
Chaque mois, le même jour, à la même heure, des rédac’ blogueurs écrivent un billet sur un sujet commun. Ce mois-ci 41 personnes planchent sur le sujet :
1/ Laurent, 2/ Olivier, 3/ Bergere, 4/ Bertrand, 5/ JvH, 6/ Jean-Marc, 7/ Lady Iphigenia, 8/ Julien, 9/ Christophe, 10/ Hibiscus, 11/ Bluelulie, 12/ Anne, 13/ Joël, 14/ Looange, 15/ V à l’ouest, 16/ Jo Ann v, 17/ William, 18/ Catie, 19/ Nanou, 20/ Isabelle, 21/ Lelynx, 22/ Cecfrombelgium, 23/ Gally, 24/ Froggie, 25/ La Nymphette, 26/ Julie70, 27/ Aurélie N, 28/ Gazou, 29/ JulieMeunier, 30/ BlogBalso, 31/ Celine, 32/ Vladyk, 33/ Hpy, 34/ Lydie, 35/ Lucile, 36/ Guy Cardinal, 37/ Optensia, 38/ Linda, 39/ Denis, 40/ Yibus
Allez aussi lire leur point de vue, et n’hésitez pas à laisser vos commentaires!
Sujet du mois : Les bonnes manières, le savoir-vivre, la politesse, la bonne éducation.
Je n’avais pas assez de mes propres textes, il fallait que je m’inscrive à un truc pour avoir une raison de plus d’écrire. Donc, le premier mois où je participe officiellement à cette “association”, je me fais refiler un sujet assez “pourris”: “les bonnes manières”. Les autres rédacteurs qui d’habitude participe avec intensité à ces rédactions semblent avoir manqué un peu d’inspiration, mais allez voir tout de même certain ont des textes intéressants. C’est aussi vrai que les bonnes manières c’est un peu moins d’actualité de nos jours.
Voici mon texte en 2 parties:
Tout petit, ma mère avait une seule occupation, s’assurer que je sois toujours polie. Elle avait aussi, comme dans Amélie Poulain, un petit plaisir particulier et bien à elle de la vie, c’était d’entendre un autre parent dire que j’étais bien élevé. Moi j’avais aussi une satisfaction bien à moi, c’était de voir la fierté de ma maman quand elle disait: “Tu vois, tous les parents t’aiment parce que tu es polie”. Avec le temps, j’ai compris que la politesse avait tout à voir avec le respect, l’acceptation de l’autre et la gentillesse.
J’ai traîné avec mois durant bien longtemps cette fierté d’être polie.Un jour, j’ai découvert que si c’était payant d’être polie avec les parents… ce l’était moins de l’être dans la société des jeunes. J’ai poussé mon premier juron. Le monde c’est arrêté! J’avais 12 ans. Tous mes amis m’ont regardé. Mon copain Alexandre m’a dit: ” Crisse (traduire putain) qu’est-ce que tu as dit Cardi?” J’ai alors découvert la force et la puissance d’un juron bien placé. J’avais un peu honte de l’avoir fait, mais je me sentais plus homme. Il faut dire qu’au Québec nous avons la culture des jurons.
Avec le temps, j’ai découvert la “transgression des interdits”. Peu à peu, j’ai appris à envoyer promener mes “ennemis”, à rire des autres, etc. et j’ai grimpé dans la hiérarchie sociale de ma jeunesse. Jusqu’à devenir un “adulte”. Aujourd’hui, j’ai trouvé un juste milieu. J’arrive toujours en retard, c’est plus fort que moi, on me dit souvent que je manque de tact, mais il paraît que je suis de bonne compagnie.
Il semble que toutes nos mamans rêvent d’avoir des petits garçons polie, mais que la vie aime bien nous voir briser le cœur de nos petites mamans. Désolé, maman…
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En lien direct avec mon aventure d’expatrié, je trouve que la notion de bonnes manières et de respects revient constamment dans mes réflexions quotidiennes. D’abord, parce que les Parisiens vivent dans un bordel continuel et que la faune de la ville lumière à des comportements souvent particulier. Paris est tellement multiethniques et les gens s’y entassent dans peu d’espace que je trouve que les bonnes manières ou “l’absence de” sont constamment une de mes préoccupations.
Dans le métro, c’est constamment le chacun pour soi. Dans l’heure de pointe sa “rouspette”, sa pousse, sa gueule et c’est souvent une source de mauvaise humeur et de tension qui se répercute sur les activités de toutes la journées. Idem, pour marcher sur le trottoir. Tout le monde se bat pour son bout de bitume. Ce n’est pas comme cela dans les heures touristiques, mais prendre le métro est devenu pour moi une source de stress dans lequel un peu plus de bonnes manières ferait beaucoup de bien.
Petit exemple, hier, je suis en autobus. Une jeune fille grimpe par la porte arrière du bus. Le conducteur la repaire et lui demande de “composter” son billet. Et la jeune fille lui réponde: “t’es pas contrôleur, pour qui tu te prends”. Et là le chauffeur et la fille se sont pris la tête pendant 10 minutes. La fille a finalement quitté l’autobus parce que le conducteur refusait de repartir. Là j’ai pensé à ma maman quand le chauffeur a demandé qui avait pu élever une enfant pareil!
Ceci est pour le côté mauvaises manières. Voyons l’autre côté, celui des bonnes manières…
Comme je le disais Paris, c’est le royaume du multiethnique. Ici, il y a des gens de tous les horizons. C’est fascinant de voir toutes ces bonnes manières différentes. Les maghrébins avec leurs longues formules de politesses, les africains qui se saluent gravement, etc. les jeunes “des cités” ont même leur propre code de politesse lorsqu’il se croise. Chacun transporte avec lui ses bonnes manières dans les endroits où il va. Vous réaliser le travail de toutes les mamans du monde pour synchroniser tout ça!
Le côté Québécois en vadrouille que je suis regarde beaucoup autour de lui. Il a aussi remarqué que, à Neuilly (l’endroit où je travaille), il y a les bonnes manières simulés et le mépris caché qui s’affichent en publique. Dans ce royaume à l’intérieur de Paris, chacun à sa place et est fait pour y rester. C’est souvent les gens “riches” versus les immigrants et les moins nanti. Cela facilite grandement ma vie, parce que les Québécois nous avons la “réputation” d’être gentil avec tout le monde. Lorsqu’on reconnait mon “accent” on a tendance à m’accepter. Il ne se passe pas une semaine sans qu’un gardien (noire ou algérien) de sécurité prenne le temps de me dire “Je vous aime bien vous les canadiens, vous êtes toujours gentil”. Hier encore, j’ai pris un taxi et le conducteur marocain m’a demandé : “Vous êtes du Québec?”. Après, il s’est lancé dans un monologue que nous étions des gens bien, toujours gentils et qu’il adorait nous avoir dans son taxi. Je n’ai presque rien dit, mais le ” simple bonjour” que je lui ai lancé à déclencher une avalanche de mots.
Je trouve que le manque de respect s’est le début de la violence et de l’indifférence. Dans les grandes villes, c’est souvent facile d’oublier l’autre et de se comporter comme les autres n’existait pas. C’est fou comment un sourire échangé entre deux inconnus m’apparaît maintenant comme une douceur. Je réalise aussi que ma maman avait raison, la politesse c’est qu’il en faut plus dans le monde parce que ça rend heureux.
Puisque j’ai lu ce billet avec plaisir, la politesse exige que je laisse au moins un petit commentaire ;o)
Un beau texte, merci de ta contribution et en effet je réalise moi aussi en vieillissant que bien des fois mes parents avaient raison quand j’étais petit et je les remercie maintenant de m’avoir éduquer comme ils l’on fait !