Mar 04 2008

La Suisse

Publié par Guy at 16:05 dans Voyages

Je ne vous dirais pas que je connais la Suisse, par contre je peux vous décrire mes impressions et ce que j’ai appris suite à mon séjour.

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L’impression

Mon premier contact avec la “Suisse”, je l’ai vécu dans le train lorsque les gardes frontaliers se sont présentés. Des gestes mécaniques, précis et ordonnés, j’ai été surpris par le mélange de politesse et “d’exactitude” dans l’application de la procédure de vérification des passeports. Un drôle de truc à dire, mais comparé aux douanes canadiennes, françaises, américaines ou grecques, c’était une autre “expérience”.

En débarquant sur le quai, la première réflexion qui est venue à mon esprit c’est que l’endroit était propre et ordonné. Des mauvaises langues disent d’ailleurs qu’il y a cinq poubelles par habitant en Suisse. Je n’en ai pas vu autant, mais le contraste était saisissant entre la gare de Lyon à Paris au départ et celle de Lausanne. Au départ, ça jouait du coude, il y avait du stress dans l’air et c’était un joyeux bordel. A Lausanne, le train s’est vidé presqu’au ralenti, doucement et sur le quai les gens se saluait avant de partir presque à la file indienne. Je n’ai pas eut de peine à trouver Muriel et Steve. Je ferai l’avocat du diable en disant qu’un départ dans une grande ville comporte naturellement du stress et une arrivée s’est toujours plus facile surtout dans une plus petite ville. Par contre, je persiste à dire qu’entre Paris et Lausanne c’était toute la différence entre un lac paisible et une rivière agitée.

L’impression que ma laissée Lausanne, c’est que la Suisse ressemblait assez au Québec. En fait, et je suis le premier surpris, beaucoup plus que la France. En ce sens que la Suisse dispose d’un système sociale enviable sur le reste de l’Europe, mais que l’économie est au cœur de ses préoccupations. Pas de grève, peu de remous sociaux, un intérêt pour la nature qui est omniprésente et un endroit assez ordonné.

La question de la langue

Lorsqu’on vient du Québec et qu’on est pris au sein de la fédération canadienne, on ne peut que s’interroger sur la Suisse. Le pays aux 4 langues officielles: l’allemand (64% en orange) au nord et au centre, le français (19% en vert) à l’ouest, l’italien (8% en mauve) au sud, et enfin le romanche qui est une langue romane parlée par une petite minorité (moins de 0,5% en violet) dans le sud-est. Il semblerait que, question de finir de bien mélanger tout le monde, l’anglais soit une langue très utilise au travail et que le latin sert encore dans certain textes légaux.

Le français est parlé dans l’ouest du pays, région généralement appelée Suisse romande. Quatre cantons sont unilingues français (Genève, Jura, Neuchâtel et Vaud), trois sont officiellement bilingues français-allemand : Fribourg, Valais et Berne.

Alors qu’au Québec, on est partagé entre fédéralisme et l’indépendance principalement à cause de langue comment la Suisse peut-elle survivre avec 4 langues? J’en ai parlé avec mes amis. Ils m’ont expliqué qu’il y avait de petites tentions entre la majorité Allemande (plus à droite) et Française (plus à gauche), mais l’ensemble semble bien fonctionné. Principalement, parce que la partie française est collée sur la France, la partie italienne et collée sur l’Italie et la partie allemande est collée sur l’Allemagne. D’ailleurs, mes amis se considéraient autant Français que Suisse.

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Il n’y a pas de notion de conquête ou de volonté d’assimilation. Au sein de l’Europe, il y a aussi une notion identitaire plus solide et l’Europe est fière de sa diversité culturelle, ce qui n’est pas nécessairement le cas dans le Canada. Mes amis m’ont expliqué que les Suisse-Allemand parlait aussi souvent le français. Une pratique que les anglophones du Canada auraient avantage à imiter pour apaiser les esprits.

Suisse visite Canada

La Suisse s’est formée au cours du temps grâce à la formation de réseau d’alliances, de pactes qui, au départ, avaient davantage un but de défense commune et de sécurité intérieure. Ces accords englobèrent de plus en plus de cantons suisses (voir Histoire de la Suisse) et de plus en plus de domaines au cours du temps. La politique interne respecte la séparation des pouvoirs, la recherche de consensus et les diversités régionales, jusqu’à assurer la représentation de ces dernières au sein du gouvernement. Une différence avec le Canada qui a été créé par une unification forcée par la royauté britannique suite à la conquête des colonies françaises.

La Suisse est divisée en 26 cantons, eux-mêmes subdivisés en communes. Historiquement, on pourrait presque dire que les communes se sont regroupées en cantons qui se sont eux-mêmes réunis en une confédération. Toutefois, il leur est interdit d’adopter une forme de constitution qui ne correspondrait pas aux règles de la démocratie, à savoir qu’elle doit être acceptée par le peuple et qu’il existe une possibilité de la modifier si le corps électoral du canton le demande. Une autre énorme différence avec le Canada dont le Québec n’a toujours pas signé la constitution et où le Premier ministre peut suspendre les droits civiques par le décret des mesures de guerre sans convoqué le parlement.

Un certain nombre de domaines sont ainsi gérés uniquement au niveau cantonal comme l’éducation, la gestion des hôpitaux, la construction et l’entretien de la majorité des routes et la police, d’autres charges sociales ou encore le contrôle de la fiscalité. Chaque canton possède son propre parlement et leur gouvernement. La politique suisse se subdivise donc en une politique fédérale, une politique cantonale et une politique communale. Au niveau fédéral Suisse, le gouvernement est une sorte de porte-parole. Il peut signer des accords, mais uniquement sur approbations des cantons. Encore une fois, à l’inverse du Canada.

C’est peut-être le secret de la réussite Suisse. Là-bas, le gouvernement central ne peut pas imposer ses vues.

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