Feb 09 2008

Le paradoxe technologique

Publié par Guy at 12:54 dans Travail

Je travaille pour une société qui se nomme Orange Bussiness Services. C’est la division internationale de France Telecom dédiée à l’exploitation de ses centres de serveurs internationaux et de l’internet. L’entreprise offre des solutions de messageries et d’hébergement web, de téléphonie cellulaire et de blackberry. Elle répond aux besoins de clients situé dans 220 pays et territoires et compte plus d’un million de clients selon son site internet. Un gros truc. Ma division de Paris s’occupe de tous les serveurs situés sur quatre sites distants, qu’elle loue à des entreprises de France. C’est tout de même une société qui vit avec un retard technologique énorme. D’un autre côté ma coloc m’a fait remarquer avec justesse que la technologie tant vanté du Canada n’est pas présente dans les rues et le quotidien des Québécois.

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Je suis resté perplexe par la jutesse de sa remarque. Ce texte plaira probablement à ceux qui connaissent le milieu des technologies et peu aux autres.

Quand est-il vraiment du retard technologique des Français? Je travaille dans l’entreprise la plus fortement équipée en serveurs de toute l’Europe et avec une infrastructure réseau gigantesque, énorme et d’une complexité sans fin. Orange s’occupe du réseau de France-Telecom et comme la France est au centre de l’Europe une grande partie de toutes les communications des pays du monde finissent pas passer dans ses câbles réseau. Pour vous dire Orange dispose même d’une flotte de navire pour entretenir ses câbles au fond de l’océan Atlantique et de la méditerranée.

Bref, il y aurait de quoi être très fier des installations Françaises. Sans compter qu’en France, contrairement au Québec, on est friand de technologies. Les Français sont toujours les premiers à adopter les nouveaux trucs. Télévision HD, GPS intégré au cellulaire, Iphone et plein de truc qui sommes encore rares dans les foyers Québécois, Canadiens et mêmes Américains. A Neuilly, le quartier riche où je travaille, c’est même souvent la course aux nouveaux trucs. Une façon d’être “in” est d’amener au bureau un truc techno. Les consommateurs Français disposent donc d’une offre de gadgets dernier cris vraiment étonnante. Il faut déambuler ici et voir tous les gens le cellulaire à la main, les gps en auto, etc. pour vraiment en avoir une idée. Pour le Français moyen, le quotidien d’un Québécois est même assez low-tech.

Un réseau informatique digne du réseau de santé Québécois 

C’est en arrière dans les infrastructures informatiques que la France est en retard. Pour les grands de l’informatique comme Orange, celle-ci est vue de façon industrielle. Comme dans une usine, si la machinerie fonctionne, même si elle est vieille pourquoi la changer? C’est comme cela qu’on pense dans ma division. Il n’est pas rare de voir des équipements informatique utiliser du NT4 (un système de 1997), des systèmes Solaris 6 (alors que le 10 est disponible depuis 2 ans) ou des vieux Windows 2000 installés sur des serveurs dernier cris. En plus, il n’y a étrangement pas grand chose d’automatisée.

Toutes les technologies modernes de l’internet Web2, Vidéos, la téléphonie IP et j’en passe, les Français les utilisent, mais ce qui amène à eux les services utilisés est lui beaucoup plus vétuste. Pour vous donner une idée, il y avait en août 2004 seulement 22% des Français branchés à la maison selon les chiffres de Wikipédia. Un retard vite comblé puisqu’en 2007 plus de la moitié des Français sont branché à la maison. Pour rattraper ce retard si rapidement les compagnies de services ont du dépenser beaucoup… Ils entendent bien rentabiliser tout ce rattrapage et par conséquent n’achètent rien, ne font pas évoluer leurs équipements et reprennent du retard.

L’open source est très bien vue ici. Sans compter que la France est très résistante aux logiciels propriétaires du genre de Microsoft ou même Cisco. Bref, tout ce qui n’est pas Microsoft est envisagé avant lors des choix technologies. Alors qu’en Amérique la plupart des systèmes importants s’orientent sur du Microsoft et les dernières technologies cela n’aide pas. Il faut comprendre que malgré tous ces détracteurs dans le monde, Microsoft offre à n’importe qu’elle compagnie de disposer des technologies derniers cris sans que ce soit trop compliqué. Chez Orange Paris on préfère des produits comme Nortel, Lotus, Patrol et Novell abandonnés partout dans le monde parce que moins flexible et ne s’appuyant pas sur le dernier cris des technologies.

La France qui devait rattraper son retard technologique par rapport à Internet au début des années 2000 a mis beaucoup d’effort et d’argent à se doter des équipements nécessaires. Résultat, elle n’a pas mis d’effort à s’installer dans les secteurs de l’innovation, du développement et des nouveaux secteurs de l’informatique. Même si les Français, comme consommateurs, en connaisse bien souvent plus que la moyenne, les industries elles ont toujours un retard important. C’est probablement pour cela que le principal éditeur de logiciel de France Ubisoft a installé ses studios de programmation à Montréal et Québec. Le Québec qui n’a pas les moyens de se payer les infrastructures françaises de cellulaire et de blackberry invente et développe les logiciels qu’utilisera la France demain.

C’est encore un fossé entre France et Québec. Le Québécois moyen est profondément Low-Tech. Il y a encore des endroits sans cellulaire ou même Internet au Canada. Par contre nos industries informatiques tirent leurs revenus des nouvelles technologies et de la recherche. Le Français est très branché, mais ses entreprises œuvrent dans des secteurs sans risques et optent pour les nouvelles technologies industrielles que lorsque tout le marché y est passé. Pour vous dire, au Québec la plupart des ministères ont des systèmes automatisés d’installation de postes et de serveurs; chez Orange, pour ma compagnie Teamlog et au ministère de la défense on installe encore les postes et les serveurs avec un cd-rom.

L’informatique en France est géré comme une industrie lourde ou une chaîne de montage. Une vision industrielle qui regarde les rentrées et les sorties d’argent et ne se soucis pas des équipements et infrastructures. Sans oublier que le marché est tellement concentré entre quelques joueurs de grandes tailles que ceux-ci se sont scindés le marché et ne se concurrence que très peu.
Ce qui explique que je travaille probablement dans la plus gros société d’informatique au monde, mais je n’y vois pas grand chose de nouveaux.

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