Apr 23 2008
Najac
Najac m’apparaît être la perle de l’Aveyron et ce même si je l’ai visité sous la pluie. Un village médiéval unique et restauré. On s’y promène comme dans un roman de cap et d’épées.
Restauré de belle manière, l’endroit est caractérisé par ses rues dallées de pierres, ses passages ou les vieux lierres poussent accrochés au murs et fortifications. Même le brouillard, qui envahie périodiquement les environs, semble conçu exprès pour transformer en île fantomatique la colline où siège le château fort de la ville.
Najac est perchée sur la rive gauche d’un méandre des gorges de l’Aveyron sur une faille géologique. Le village et le château surplombent sur un immense roc la rivière et la voie ferrée. Le hameau est gratifiée du label des plus beaux villages de France visant à promouvoir les atouts touristiques de petites communes françaises.
L’impressionnant château qui domine Najac a été construit en deux périodes très distinctes :
- le XIIe siècle : la base de la Tour Carrée, construite par les comtes de Toulouse;
- le XIIIe siècle : les autres parties du château, construites par Alphonse de Poitiers, frère de Saint-Louis, alors devenu comte de Toulouse de par son mariage avec l’unique fille du dernier comte de Toulouse, Jeanne de Toulouse.
Ce château a été construit surtout pour impressionner les habitants de Najac et des alentours. Dans une période assez instable, où les cathares sont encore persécutés, où le comté de Toulouse vient de tomber entre les mains du royaume de France, un donjon de plus de 40 mètres de haut avec des archères de 6 m 80, impressionne grandement la population. C’est ainsi que pendant plus d’un siècle, aucune révolte n’est à signaler du côté de Najac et ce, jusqu’à la guerre de cent ans, lorsque Najac tomba entre les mains des Anglais.
Petit a petit après cette période, le château de Najac ne fut plus utilisé, on le laissa dépérir, se délabrer, et ce n’est qu’à la révolution française qu’il reprit un rôle assez important. Vendu comme bien national en 1794, le château fut racheté pour douze francs par un aubergiste de la région qui s’en servit comme carrière de pierre pour construire des maisons. Selon certains témoignages, au milieu du XIXe siècle un accident où trois ouvriers périrent entraîna l’arrêt des travaux de démolition. Le château fut ensuite laissé a l’abandon.
A la fin du XIXe, le château fut rénové un petit peu par un abbé. Avant de passer à d’autres propriétaires qui le rénovèrent entièrement et en firent un lieu touristique incontournable de l’Aveyron.
En définitive, le château n’a jamais été attaqué, n’a jamais été pris, c’était un bijou architectural de l’époque.
Encore une fois, il pleuvait beaucoup lors de la visite, mais au soleil l’endroit doit être sublime.