Mar 31 2008

Une de plus et une de moins

Publié par Guy at 17:53 dans Anecdotes

L’auberge espagnole

C’était d’abord un proverbe, aujourd’hui, c’est un excellent film, sinon un film culte et un de mes films fétiches: L’auberge espagnole.

“Pour désigner un lieu où l’on ne trouve que ce que l’on a apporté.
Pour désigner un lieu sommaire où l’on fait ce que l’on veut.”

Aujourd’hui, c’est aussi ma réalité qui glisse vers son passé.

Dans la nuit de samedi à dimanche, c’était le passage à l’heure d’été en France. Le résultat aujourd’hui, je suis rentré du travail avec le soleil au lieu de la noirceur. C’était si plaisant. J’ai même pu faire du vélo. Paris au soleil, c’est toujours magnifique. Je me suis dis que c’était une journée de plus dont je devais profiter avant le départ et une journée de moins avant mon retour. Tristesse et bonheur dans un même souffle.

C’est comme ça, ceux qui me connaissent savent que dans ma tête ça pense toujours. Jamais mon esprit ne me laisse tranquille. Une idée en chasse une, puis une autre ou un souvenir se réveille et un autre se fixe sur la pellicules de ma rétine. Une réflexion constante alimentée par les observations, les sons, les mots et les images qui m’assaillent. Chez moi en tout cas, c’est un tourbillon qui pourrait donner mal au cœur aux plus grands amateurs de manège. Pas toujours de grandes idées, mais ça gamberge. C’est comme ça et ça à même empiré avec la création de mon site, puisque je suis souvent en mode rédaction dans ma tête. Pour un texte ici, combien non jamais vu le jour!

Bref, sur mon vélo, une phrase qui pourrait provenir du film l’auberge espagnole m’est venu en tête: “Ces rues qui nous sont étrangères et qui deviennent les nôtres, je devrai les abandonner…” et la musique du film c’est mis à jouer en arrière-plan. J’ai alors réfléchie à l’impact qu’avait eut mon passage ici sur moi-même. Je crois que c’est le premier acte d’une pièce de théâtre qui va se répéter dans mon esprit jusqu’à la tombée du rideau sur mon départ à l’aéroport dans quelques jours.

L’esquisse qui se forme et la confiance dans la vie

J’ai vécu l’auberge espagnole de plusieurs façon dans ma vie… D’abord à Québec, alors que je côtoyais bon nombre d’étudiants expatriés et que je m’installais en collocation avec 4 d’entre eux. Ensuite, par ma propre aventure déclenchée un peu sur un coup de tête avec des objectifs et si peu d’attente.

Le 22 octobre, je décrivais un peu ce que je vivais dans mon parcours ici. Maintenant que j’approche de la fin du parcours, je peux voir que des choses ont changées. Je ne sais pas encore comment exactement je sortirai de ce périple, mais je ne rapporterais pas le même moi que j’ai pris dans mes bagages.

“Pour désigner un lieu où l’on ne trouve que ce que l’on a apporté.”

Quelque-uns savent que j’ai eu quelques ecchymose morales et physiques dans ma vie. Des bleus qui ne s’effaceront jamais vraiment. En fait, croyant en laisser l’essentiel derrière, je les ai tous amené avec moi. C’est l’idée de mon auberge espagnole. Comme je l’ai déjà écris, je croyais avoir mis ma vie en parenthèse en venant en France. Et bien, non pas du tout… Elle a continuée à me façonner. La vie ne se met pas en parenthèse. Quelqu’un a dit: “aujourd’hui est le premier jour du reste de ta vie”. Je suis plus à même de le comprendre aujourd’hui.

Par les souvenirs que je ramènerai avec moi, par les amis que je vais quitter, par ces endroits familiers qui ne le seront plus et pour ce que je vais retrouver bientôt et qui aura changé et que je devrai apprivoiser.

J’ai vécu différemment et je crois que ça m’a fait du bien. Je ne suis pas un nouveau Guy Cardinal, mais plutôt la somme de toutes mes facettes du départ légèrement altérées. Disons que les coins d’ombres qui m’irritaient chez moi ont des arrêtes moins tranchantes et les surfaces de mon esprit plus lisses, sur lesquelles tout glissait avec indifférence, ont plus d’adhérence.

Je pense que je suis beaucoup plus équilibré qu’à mon départ. Je sais que je suis plus joyeux aussi parce que j’ai été forcé d’être 24 heures avec moi plus longtemps qu’à l’ordinaire. C’est une drôle de phrase n’est-ce pas? C’est simple, oui j’avais le téléphone, les courriels, etc. mais j’étais seul ici et ça a fait toute une différence. J’ai fait tellement de choix sans devoir penser aux autres que j’ai réappris à faire d’instinct ce dont j’avais besoin et non ce que je devrais faire en pensant que c’était mieux pour moi. Voilà ce que je veux dire.

Il y a plusieurs années une amie m’a dit en regardant une photo de moi à 20 ans: “Wow, tu as tellement les yeux brillants là-dessus!!!”. Aujourd’hui, je sais que durant les prochains mois et années mes yeux seront aussi brillants que sur la photo.

Loin de l’auto-censure

Je me suis branché sur mes rêves de petit garçon en venant ici. Ces rêves qu’on mets de côté en vieillissant parce qu’il faut “réussir sa vie” et qu’on se fait dire que c’est ainsi. C’est un passage obligé. J’ai réalisé qu’on pouvait arrêter de trahir la voix du petit garçon qu’on a au fond de nous, continuer à progresser dans sa vie d’adulte et s’épanouir sans faire de dégât dans nos projets plus sérieux. Je crois que c’est ce que peut apporter une “aventure” d’expatriée comme la mienne. Je crois que je l’ai fait au bon moment.

Je me suis écouté. ça m’a apporté beaucoup et maintenant j’espère que les miens en bénéficieront à mon retour.

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2 Responses to “Une de plus et une de moins”

  1. Marieon 01 Apr 2008 at 14:59

    Bonsoir Guy,

    Très joli post !
    ça va me manquer après de ne plus te lire conter la France :(
    Bonne soirée,

    Marie

  2. Guyon 01 Apr 2008 at 15:08

    Ben je raconterai le Québec et peut-être que tu viendras chez moi!

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